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JUSQU'ICI TOUT VA BIEN | PALAIS DE TOKYO

Dernière mise à jour : 24 août 2020

Workshop de l'école Kourtrajmé

Tiziano Foucault-Gini, Soulèvement, 2020, graphite sur papier, 36.5 x 45.5 cm


Le Palais de Tokyo accueille une trentaine d’étudiants de l’école Kourtrajmé (Clichy-sous-Bois / Montfermeil), pour élaborer une exposition capsule, sous forme de workshop, du 29 août au 7 septembre 2020, qui explore la filiation entre La Haine et Les

Misérables.

Commissaire : Hugo Vitrani

Co-commissaires : Mathieu Kassovitz, Ladj Ly et JR



source palais de tokyo

En 1995, le réalisateur Mathieu Kassovitz et les acteurs Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui avaient La Haine face à la stigmatisation des banlieues, face aux violences policières et sociales. Presque 25 ans après, Ladj Ly raconte Les Misérables de notre époque, celle du « capitalisme carcéral ». A la manière du portrait réalisé en 2005 par son complice JR, prenant la pose d’un braqueur, Ladj Ly utilise sa caméra comme une arme pour cibler les rapports d’oppression tout en déjouant les clichés médiatiques. 25 ans, c’est le temps d’une génération. Une génération qui n’a eu de cesse de changer les visages du cinéma français et de questionner le regard que la France nourrit sur les banlieues et sur leurs habitants. Une génération qui a toujours avancé de manière collective, dans l’urgence, avec l’énergie du système D.

Véritable « enfant de la Haine », Ladj Ly a fondé en 2018 l’école Kourtrajmé (du nom du collectif d’artistes fondé en 1994), mettant en place avec JR un enseignement alternatif et gratuit de cinéma et d’art à Clichy-sous-Bois / Montfermeil, communes de Seine-Saint-Denis où se déclenchèrent les révoltes populaires qui secouèrent la France en 2005 à la suite de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré.

La trentaine d’élèves de l’école invitée au Palais de Tokyo pour créer un pont entre ces deux films cultes propose un ensemble d’oeuvres plastiques et cinématographiques réalisées pour l’exposition. Directement inspirées de scènes de ces films et de situations vécues au quotidien, ces artistes émergents s’attaquent au regard médiatique et politique, interrogent l’appropriation opérée par la mode sur les cultures de rue, rendent hommage aux motards en YZ et sans casques qui pratiquent un rodéo d’un nouveau genre, dénoncent la sous-représentation des femmes dans la société, le machisme et l’homophobie, interpellent le passé colonial de certaines rues de Paris, révèlent l’envers du décor de l’économie parallèle, mais aussi les solidarités qui naissent de ces situations, de ces temps morts passés à l’arrière de voitures ou sur des chaises-pliantes. Dans un Palais de Tokyo qui se fait caisse de résonance des imaginaires et des luttes mais aussi de nouvelles géographies, les oeuvres des élèves de l’école Kourtrajmé rappellent que jusqu’ici tout va bien.

« Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage. »
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